Rouille grillagée du poirier - Le Réveil Horticole

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Rouille grillagée du poirier

Côté ravageurs

NDLR

La rouille du poirier est provoquée par une moisissure, nommée Gymnosporangium fuscum.
Celle-ci connait un cycle de vie complexe.




Propagation
Comme elle ne peut survivre sur les poiriers toute l'année, elle change de plante hôte à l'automne.
On la retrouve alors sur différentes espèces et variétés de Juniperus, c'est à dire le génévrier.
Les moisissures du genre Gymnosporangium ont les conifères comme plante hôte en hiver et en particulier les représentants des genres Juniperus mais aussi Libecedrus et Calocedrus.
Elles ont pour hôtes alternes des plantes totalement différentes notamment des rosacées comme les pommiers, les cognassiers et principalement les poiriers.
Au printemps, les spores formés sur les génévriers sont transportés par le vent sur les poiriers où ils peuvent germer par temps humide. Durant quelques jours, d'énormes quantités de spores bicellulaires vont ainsi être transportées par le vent sur de très longues distances.     
On admet, en fonction des courants dominants, que la propagation est énorme surtout entre 30 et 50 mètres alors que le risque encouru reste faible entre 200 et 500 mètres.
Dans des conditions sèches, ils se déshydratent rapidement et se désintègrent.    
Ainsi, l'importance des dégats dépend essentiellement des conditions climatiques au printemps.
Dans le canton de Zurich (Suisse) il existe des bases légales pour l'arrachage des junipérus proches des plantations de poiriers.

Pénétration
Après un stade intermédiaire, ils pénètrent dans les feuilles de poiriers. C'est en mai et juin que l'on voit apparaître des taches jaunes caractéristiques sur les feuilles. Ces taches deviennent ensuite rouge oranger et font environ 1 cm.
Un poirier infecté peut ainsi donner une impression automnale en plein été. Les pédoncules et les fruits peuvent aussi se couvrir de taches oranges. Durant l'été, se développent au revers des feuilles, des ampoules allongées oranges qui correspondent aux taches de la face supérieure.
Ce sont des sporophores, organes dans lesquels se forment des spores qui en septembre peuvent atteindre les génévriers alentours  et pénétrer leur écorce. Cele-ci présente alors des excroissances dont la maturité se fait au printemps suivant. Pouvant atteindre un envergure de 4 cm, elles se couvrent alors d'une substance gélatineuse orange et présentent de minuscules cornes qui libèrent des spores. Ceux-ci infectent dès lors un poirier et le cycle recommence.

Lutte
Pour les particuliers, il n'existe aucun traitement susceptible de lutter contre la rouille du poirier. Néanmoins, on peut s'épargner bien des problèmes en ramassant, dès la première chute, les feuilles d'un poirier atteint et en les éliminant via la poubelle.
Cette opération permet d'éviter une grande partie de la transmission des spores aux génévriers.
Toutefois, si le poirier est fortement atteint d'une année à l'autre, sa croissance est compromise par un déficit en chlorophyle et sa fructification en est affectée.
Dans la mesure du possible, les génévriers atteints seront alors éliminés.
Certains génévriers autrefois très populaires dans les jardins, y sont très sensibles.
C'est le cas du Juniperus x media pfizeriana et pfizeriana aurea ainsi que Juniperus sabina tamariscifolia.
Si l'affection se montre tenace, il est possible de vaporiser, à titre préventif, les jeunes feuilles de poirier avec un fongicide appartenant à la classe des dithiocarbanates. On évite ainsi que les spores de la maladie passent du génévrier au poirier.
                                                                                                       Alain Muset

 
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