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Les terrils renaissent de leurs cendres
pour devenir des petits monts verts décorant le paysage carolo.

04 juin 2015 - http://www.bxlbondyblog.be/les-phoenix-de-charleroi/201

La vocation industrielle du Pays noir de Charleroi n’est pas peu connue. Les activités minières et ses déchets d’antan ont aujourd’hui
laissé place à des terrils tout de vert vêtus.
Derniers vestiges de cette industrie minière éteinte dans les années 80, ils représentent aujourd’hui une réelle richesse culturelle pour
les habitants de la ville. Certains se battent pour les préserver, d’autres passent sans même les voir ou les regarder, mais une chose
est sûre : les terrils font aujourd’hui partie intégrante du paysage carolo, et ce n’est pas près de changer.
L'enquête
Le terril du Martinet, l’une des collines artificielles les plus boisées du grand Charleroi, doit son existence à la ténacité d’une poignée
d’habitants voisins.
Se battre pour un tas de cailloux, pour un « déchet de la terre », voilà ce qu’ont entrepris Pierre, Jacques et Gilbert.
En effet, au plus profond de la houille se cache encore des ressources que nombre d’entreprises convoitaient.
Un combat digne de David contre Goliath pour protéger une flore devenue trop rare.

C'est devenu une passion. Mais au départ, l'idée était de préserver notre cadre de vie.
On n'avait pas envie de nous retrouver près d'un tas de cailloux.

De la vie autour des terrils
A Charleroi, il y a des terrils. Traces du passé, ils sont omniprésents depuis des centaines d'années. De noir à vert, ils sont rentrés
dans le quotidien des Carolos. Avec ce reportage, j'ai voulu rapporté la relation entre les humains et leur terre.

La réhabilitation
Aujourd’hui, l’activité humaine et la prospérité qui animaient les terrils ne sont que de lointains souvenirs. Pourtant, il semble que
ses habitants ont décidé de ne pas oublier. Mieux, ils contribuent à la métamorphose de ces amas de charbon.
Si les galeries minières et les friches abandonnées ont progressivement été remplacées par des galeries marchandes, les terrils
semblent traverser les générations sans prendre une ride, bien au contraire. Comme si elles renaissaient de leurs cendres, ces
collines aux pentes abruptes et aux formes irrégulières sont le théâtre d’un bien étrange phénomène.
Véritable décharge à ciel ouvert, cette relique autrefois noire, comme la poussière qui enduisait les visages des mineurs, est
aujourd’hui recouverte d’une épaisse forêt avec un écosystème aussi riche que son sol.
Cette terre autrefois source de prospérité qui a fait la renommée des industries belges aux XIXème et XXème siècles n’a pas fini
de livrer ses richesses. Elle est un vecteur de développement de la biodiversité au cœur de la ville.

Les terrils rassemblent et sont le centre d’une préoccupation citoyenne. Sources de repères pour les habitants des alentours, ils ont
appris à vivre avec eux. Pour beaucoup, ils représentent bien plus qu'un simple amoncèlement de déchets. Ils sont des ingrédients
indispensables au décor industriel de la ville de Charleroi. Tels des cicatrices de guerre, ils font partie intégrante du patrimoine
wallon et sont un héritage qu’il convient de conserver.

Copyright © 2015 - www.bxlbondyblog.be

La mortalité des abeilles sauvages triplée par les insecticides


Une étude menée en Angleterre sur 18 années démontre l’effet des pesticides néonicotinoïdes sur les abeilles et les bourdons
sauvages : une mortalité multipliée par trois. Dans la nature, les doses non létales déterminées en laboratoire affaiblissent ces
insectes.                                                           Le 21/08/2016 à 17:30 - Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

  


Pour la première fois, l’effet des insecticides néonicotinoïdes a été évalué dans la nature, sur une grande échelle de temps et d’espace.
Le verdict confirme des résultats déjà obtenus en laboratoire ou en plein champ.


© szefei, Shutterstock

  - L’étude britannique, qui vient d’être publiée dans la revue Nature Communications, mettra-t-elle fin au débat sur l’effet des
néonicotinoïdes sur les insectes ? Les apiculteurs ont donné l’alerte depuis longtemps mais les études en laboratoire démontraient
que cette famille d’insecticides, très efficace, enrobant la graine et se répandant dans toute la plante, n’avait pas, aux doses
d'exposition dans la nature, d’effet létal sur les insectes. L’Union européenne en a réduit l’usage en 2013 et, en France, la loi
promulguée en juillet dernier les interdit à partir du premier septembre 2018, mais avec des dérogations possibles jusqu’en 2020.
  - Les sept chercheurs, qui viennent du Centre d’écologie et d’hydrologie (CEH), au Royaume-Uni, et du laboratoire Fera Sciences,
n’ont, eux, pas mené d’expérience en laboratoire. Ils ont analysé les études sur les populations d’insectes de 62 espèces d’abeilles
sauvages et de bourdons entre 1994 et 2011. Les variations constatées ont été comparées, avec des outils statistiques, à l’usage
des néonicotinoïdes dans les champs de colza, qui a grimpé très rapidement en Grande-Bretagne durant cette période.
Quant aux abeilles domestiques, elles ne font pas partie de l’étude car les apiculteurs peuvent déplacer les ruches, ce qui fausserait
l’analyse statistique.
  - Les résultats, qui sont également exposés dans un communiqué du CEH, montrent un effet de surmortalité, jusqu’à un
triplement.Pour cinq espèces, les chercheurs estiment la chute de populations due aux néonicotinoïdes à 20 %. Les cultures de
colza, dans un premier temps, profitent aux insectes butineurs mais « ce bénéfice est plus qu’annulé par l’effet des néonicotinoïdes
sur de nombreuses espèces d’abeilles », conclut Ben Woodcock, le premier auteur de l’étude. Ces conclusions ne font que renforcer
d'autres résultats, qui, par exemple, ont montré récemment que les néonicotinoïdes réduisent l'espérance de vie des butineuses.

Déforestation en Amazonie : + 29 % en un an

Xavier Demeersman, Futura-Sciences   -   Publié le 01/12/2016
Pour la deuxième année consécutive, la forêt amazonienne au Brésil a connu un accroissement de la déforestation.
En 2016, celle-ci a augmenté de 29 % par rapport à l’année précédente, laquelle avait déjà enregistré une forte hausse.
Plusieurs associations écologistes dénoncent la baisse d’implication du gouvernement brésilien, qui a réduit de 30 % en 2016 le
budget de l’Ibama, l’institut chargé de lutter contre les actions illégales.
Année après année, la forêt amazonienne continue de se réduire, que ce soit en Bolivie, en Équateur, au Pérou, au Vénézuéla,
en Guyane et bien sûr au Brésil. Pour des terres agricoles, mais aussi au profit de compagnies pétrolières, gazières, minières
(150.000 km2 concédés entre 2008 et 2015) et des projets
de barrages (151, en plus des 48 déjà existants). Implacablement, semble-t-il, ce « poumon de la Terre » s'estompe.
Pour le Brésil, qui rassemble à lui seul les deux tiers de la superficie de la forêt équatoriale, l'accroissement de la déforestation
entre août 2015 et juillet 2016 s'élève à 29 % par rapport à l'année précédente, selon l'Institut national pour la recherche spatiale
(INPE) qui a publié son rapport le 29 novembre.
Derrière cette augmentation, 7.989 km2 de forêt ont été détruits, et avec eux ses hôtes et des milliers d'espèces, animales et
végétales, qui en dépendent, dont certaines sont inconnues ou méconnues.
Au cours de la période précédente, la déforestation avait déjà progressé de 24 % (6.207 km2 ont disparu en 2015).
Ces chiffres inquiétants vont à l'encontre de la tendance amorcée par le gouvernement brésilien à partir de 2004 pour réduire ce
phénomène. Non pas que la déforestation fut stoppée depuis la mise en place de cette lutte, mais sa progression avait tout de même
ralenti par rapport aux années 1990 (voir graphique ci-dessous). En dépit de cette hausse de 29 %, la progression de la déforestation
reste significativement plus faible qu'en 2004.


À gauche, les superficies de la forêt amazonienne brésilienne qui ont disparu entre 1989 et 2016. Le taux de déforestation repart
à la hausse depuis 2007. À droite : surfaces cumulées de la forêt qui ont disparu depuis 1989.
© Camila Domonoske, Tyler Fisher, Alyson Hurt, NPR

Au Brésil, la protection de l’environnement et des populations indigènes s'affaiblit
Néanmoins, cumulée sur des décennies, la perte de la forêt amazonienne est énorme. Avec elle s'éteint une biodiversité d'une
richesse incomparable mais aussi des cultures millénaires et leurs langues, les différents groupes amérindiens étant obligés de fuir
et d'abandonner la terre de leurs ancêtres... Menacés par des chercheurs d'or illégaux et peu scrupuleux, les Yanomami par exemple
dénoncent une baisse inquiétante des implications des autorités brésiliennes pour les défendre.
Cette hausse importante de la déforestation depuis deux ans exaspère nombre d'associations de défenses de l'environnement dans le
monde entier. Beaucoup se demandent si le Brésil, pourtant cité comme modèle auparavant, pourra tenir ses engagements dans la
lutte contre le réchauffement climatique, pour lequel, le gouvernement a signé l'accord de Paris.
Pour le journal Estadão qui rapporte les propos du directeur politique de Greenpeace, Marcio Astrini sur ce sujet :
« parmi les causes de la déforestation croissante figurent les mesures prises par le gouvernement fédéral entre 2012 et 2015, telles
que la renonciation aux amendes pour la déforestation illégale, l'abandon des aires protégées (des unités de conservation et des
terres indigènes) et l'annonce, qu'il appelle "honteuse", que le gouvernement ne prévoit pas d'arrêter complètement la déforestation
illégale avant 2030 ».
À la source de ce problème, on trouve la baisse drastique (30 %), votée par le gouvernement, du budget alloué à l'Ibama,
l'organisme qui conduit cette lutte. « Les bûcherons sont mieux équipés que nous », a expliqué à Reuters, Uiratan Barroso,
responsable de l'application de la loi d'Ibama dans l'État de Santarem. Il déplore les moyens plus faibles dont il dispose.

Agriculture biologique : son impact positif est démontré dans une étude

                 Xavier Demeersman, Futura-Sciences   -   Publié le 04/01/2017
C’est une première en France : un rapport quantifie les bienfaits de l’agriculture biologique, autant dans les domaines de l’environnement que dans ceux de la santé humaine ou des performances sociales. Ils sont globalement tous positifs.
Fin novembre 2016, l'Itab, l'Institut technique de l'agriculture biologique, a remis son rapport « Quantifier et chiffrer économiquement les externalités de l'agriculture biologique ? » commandé en juin 2015 par le ministère de l'Agriculture. C'est le premier du genre en France dont l'objectif est d'évaluer précisément les bienfaits d'une agriculture affranchie de pesticides, d'insecticides et autres engrais chimiques ou semences OGM. Cela permet de rendre les bénéfices plus visibles à la fois dans le champ public et la sphère politique.
Visiblement et sans surprise, au premier coup d'œil du tableau récapitulatif (voir ci-dessous) du document rédigé en partenariat avec l'Inra et qui s'appuie sur quelque 280 études scientifiques, les impacts sont globalement positifs dans les trois « externalités » environnement, santé humaine et performances sociales. Finalement, la seule case qui fait défaut, en rouge, qui montre donc un effet négatif, est celle des rendements. Comparés à ceux de l'agriculture conventionnelle, ils sont en majorité plus faibles.
Tous les domaines concernés de près ou de loin par l'agriculture bio (laquelle rappelons-le se doit de respecter le cahier des charges de la filière) ont été passés au crible par ses auteurs Natacha Sautereau (Itab) et Marc Benoît (Inra). Aidés d'une vingtaine de chercheurs, ils ont tenu à quantifier tous les services rendus par ce type d'agriculture, directement et indirectement, de la qualité des sols jusqu'aux nombres d'emplois créées. Ils ont souhaité aussi estimer la valeur économique de ses acteurs et vecteurs comme par exemple la pollinisation des abeilles.

    

Les effets positifs du bio sur la santé humaine et sur l'emploi
Les études référencées font des constats alarmants sur l'état de l'environnement. Au sujet de l’eau par exemple : « la France connaît une contamination généralisée de ses masses d'eau par les pesticides détectés dans 90 % des points de mesures, ainsi que par l'azote, présent sous forme de nitrate dans 83 % des points de suivi des eaux de surface », indique le rapport, et cela concerne « toutes les régions ».
Pour la santé, le document rappelle que « les centres antipoison et de toxicovigilance enregistrent 5.000 à 10.000 cas d'intoxications par les pesticides par an ». Sur cette question, il y a eu des avancées significatives ces dernières années. Plusieurs pathologies comme Parkinson et le Lymphome malin non hodgkinien ont en effet été reconnues comme maladies professionnelles. « [...] des liens sont avérés ou plausibles entre expositions chroniques aux pesticides et certains types de cancers, des maladies neurologiques, des troubles de la reproduction et du développement. Des effets sont aussi suspectés pour d'autres pathologies telles que les maladies respiratoires, les troubles immunologiques, et des troubles du comportement » explique le rapport.
Même si la question est sujet « à des débats récurrents », les premiers résultats des études en cours montrent que les consommateurs de produits biologiques sont en meilleure santé : « [ils] connaissent moins de problèmes de surpoids et d'obésité et de pathologies associées ». Sans doute aussi parce qu'« ils ont généralement un mode de vie plus sain ».
Sur le plan social, les bénéficies de l'agriculture biologique ont aussi été chiffrés. Le volume de travail a augmenté dans la plupart des fermes qui se sont créées ces trois dernières années, au contraire de celles de l'agriculture industrielle, écrivent les auteurs. Le bénéfice en emploi est estimé entre 10 et 18 euros par hectare de grande culture chaque année.
À cela s'ajoute, un renforcement des liens sociaux, notamment grâce aux réseaux de distributions comme les Amaps (?) , ou d'approvisionnement direct à la ferme.

La synthèse du rapport avec son "Tableau récapitulatif des effets bénéfiques de l’agriculture bio"
est visible et téléchargeable sur le site de l' ITAB (Institut Technique de l'Agriculture Biologique)


Pourquoi le printemps tombe-t-il désormais le 20 mars ?
Par la rédaction de Futura    Publié le 19/03/2017
Le printemps. Chaque année, il revient. Et à la même date. Enfin presque. Puisque, comme nous l'évoquions en 2016, le printemps ne tombera désormais, et jusqu'au début du siècle prochain, plus le 21 mars ! Une habitude pas si difficile à perdre. D'autant que cette année encore, c'est dès ce lundi 20 mars que sonnera l'heure du renouveau. Pour notre plus grand plaisir...

Article de la rédaction de Futura paru le 21/03/2016
On a l'habitude de dire qu'une hirondelle ne fait pas le printemps. On pourra désormais ajouter : le 21 mars non plus. Les derniers printemps tombés à cette date remontent à 2003 et 2007. Et il faut s'y habituer : le printemps ne tombera de nouveau un 21 mars qu'en 2102.
Mais d'abord, quand démarre le printemps ? C'est le jour où le Soleil se trouve exactement à la verticale de l'équateur, moment que l'on appelle l'équinoxe de printemps (?). En raison de l'inclinaison de l'axe de rotation terrestre, le mouvement apparent (?) du Soleil dans le ciel varie tout au long de l'année, une danse connue sous le nom d'analemme (?). La transition de l'hiver au printemps correspond au moment où le Soleil atteint l'intersection entre le plan de l'écliptique terrestre et l'équateur céleste, intersection connue sous le nom de point vernal.


Schéma montrant les deux équinoxes, en rouge :
celle du printemps, au point vernal, et celle de
l'automne. Le plan de l'écliptique est celui de l'orbite
de la Terre autour du Soleil
(sur ce schéma, le T représente donc aussi le Soleil).
Mais notre planète est inclinée par rapport à ce plan :
c'est l'obliquité à laquelle nous devons les saisons.
Elle vaut 23° 26'. L'équateur céleste est la projection
de l'équateur terrestre sur la voûte céleste.
Les petites variations de l'obliquité font
rétrograder lentement le point vernal, donc les équinoxes. © DR

L'astronomie, une science exacte mais subtile
À cette date, les durées du jour et de la nuit sont rigoureusement identiques si l'on ne tient pas compte des effets de la réfraction atmosphérique lorsque le Soleil est proche de l'horizon. La région entre le pôle Nord et le cercle polaire arctique commence alors une journée de six mois tandis que le pôle Sud plonge dans la nuit pour une durée équivalente. Le phénomène inverse se produit au moment de l'équinoxe d'automne en septembre.
À première vue, les dates des équinoxes devraient être immuables, selon les lois rigoureuses de la mécanique céleste. Mais l'axe de la rotation de la Terre décrit un cône dans l'espace en moins de 26.000 ans. C'est la précession. Elle fait lentement rétrograder le point vernal sur l'écliptique. Les humains ont ajouté une imprécision supplémentaire : notre calendrier prévoit en effet des années civiles de 365 ou 366 jours, avec le retrait de trois journées bissextiles tous les 400 ans (1700, 1800 et 1900 pour les trois dernières supressions). Il se cale ainsi plutôt bien l'année astronomique de 365,2422 jours. Voilà pourquoi les dates des équinoxes fluctuent. Ainsi, l'équinoxe de printemps cette année se produit le 20 mars à 4 h 30 mn 12 s TU (soit une de plus en heure de France métropolitaine).

Donc, pour longtemps, le printemps, c'est le 20 mars.
Enfin presque, car en 2044, la fin de l'hiver se fêtera le 19 mars...

Comment le gaspillage alimentaire pourrait sauver les forêts

Marie Gathon  - Journaliste Levif.be - 30/10/17 à 11:10 -



Un projet environnemental
abandonné dans les années 90
pourrait détenir la solution pour régénérer
les terres infertiles et... sauver la planète.

Illustration. © iStock


L'histoire se passe en 1998, dans un parc aux terres appauvries par la déforestation, au nord-ouest du Costa Rica.
Deux scientifiques de l'université de Pennsylvanie, Daniel Janzen et Winnie Hallwachs, décident de s'associer à une entreprise locale
de production de jus d'orange, Del Oro, pour récupérer leurs déchets, raconte le SciencesPost.
L'idée était de déverser 12.000 tonnes de pelures d'orange pour tenter de fertiliser les terres et faire repousser la forêt tropicale.
Le projet fut rapidement abandonné, car l'entreprise concurrente, TicoFruit, avait dénoncé le projet, prétextant que les terres avaient
été "souillées" par les déchets d'orange.
L'idée est donc abandonnée, mais les déchets d'orange laissés sur place permettent aux nutriments de s'infiltrer dans les sols.
Se rendant sur place 16 ans plus tard, d'autres scientifiques, Timothy Treuer et Jonathan Choi de l'université de Princeton cette fois,
ont pu constater que la technique fonctionnait au-delà des espérances.




A gauche du chemin en terre, la partie non traitée.
A droite la partie où les déchets d'orange ont été abandonnés.
On voit que la densité de végétation
est beaucoup plus importante à droite.


© DR

Ils ont procédé à l'analyse scientifique d'une parcelle de trois hectares.
"C'était tellement recouvert d'arbres et de vignes que je ne pouvais même pas voir le panneau de deux mètres de long avec un
lettrage jaune brillant marquant le site qui se trouvait à seulement quelques mètres de la route", a déclaré Timothy Treuer.
Les deux chercheurs ont échantillonné la parcelle et analysé dans quelle mesure les épluchures d'orange avaient été responsables
d'un tel résultat.
Selon l'étude publiée dans la revue Restauration Ecology, les pelures d'orange ont contribué à rendre les sols plus fertiles en leur
apportant des nutriments. Ils sont aujourd'hui plus riches, la biodiversité d'arbres est plus importante et la fermeture de canopée
est plus grande. Les scientifiques ont également constaté que les déchets d'orange ont permis d'augmenter considérablement le
niveau de micro et macro nutriments présents dans les sols.
Pour l'instant, les raisons exactes de l'élévation hors normes de cette forêt restent en partie un mystère, mais cela pourrait
néanmoins inspirer d'autres projets du même type.
David Wilcove, coauteur de l'étude et professeur de biologie au Princeton Environmental Institute, suggère par exemple d'utiliser
les "restes" de la production alimentaire industrielle pour restaurer les forêts tropicales".
Autrement dit, il pourrait y avoir dans cette expérience une solution pour recycler le gaspillage alimentaire et aider à refertiliser les
terres appauvries par la déforestation et l'agriculture intensive, et ce, sans surcoût. Sans oublier que les forêts les plus luxuriantes
sont les plus efficaces pour absorber les gaz carboniques.

Science décalée : les fleurs amènent la pluie
Marie-Céline Ray Journaliste      Publié le 02/04/2017

Dans l'atmosphère, le pollen libéré par les fleurs s'éparpille sous l'effet de l'humidité en de minuscules particules qui peuvent favoriser la formation des nuages. Conséquence : les fleurs font la pluie et le beau temps.
Le pollen joue un rôle dans la reproduction sexuée des plantes à fleurs. Mais jusqu'à présent, il intéressait assez peu les climatologues à cause de la taille de ses grains, bien trop gros a priori pour influencer la formation des nuages, comme l'explique Allison Steiner, principale auteure de cette recherche publiée dans Geophysical Research Letters: « Ces grains étaient considérés comme trop gros pour être importants dans le système climatique, trop gros pour former des nuages ou interagir avec les radiations du soleil. » Et de grosses particules ne peuvent pas se maintenir dans l'atmosphère.
Mais la chercheuse se demandait ce qui arrivait aux particules de pollen dans l'air, celles-là mêmes qui causent des allergies. Or la littérature scientifique sur ce sujet signale bien que le pollen peut se séparer en de minuscules morceaux et ainsi favoriser la réponse allergique. Ces petits grains pourraient-ils aussi avoir une influence sur le climat tout comme les aérosols, de fines particules suspendues dans l'air qui jouent un rôle dans la formation des nuages ?
Pour le savoir, les chercheurs de l'université du Michigan ont réalisé des expériences sur du pollen de chêne, de pacanier, de cèdre, de bouleau, de pin et d'ambroisie. Ces plantes représentent des sources importantes de pollen aux États-Unis. Ceux-ci ont été imbibés d'eau puis dispersés sous forme de spray avec un atomiseur dans une chambre de « fabrication des nuages », du laboratoire de Sarah Brooks, professeur de sciences atmosphérique.
                        Les pollens causent des allergies au printemps.
              © parrchristy, Flickr, cc by 2.0
   Les particules de pollen forment des noyaux de condensation des nuages
Résultats : quand le pollen devient humide, il se rompt très facilement et produit des particules plus petites. Ainsi, à l'humidité, des pollens de 5 à 150 µm de diamètre peuvent donner des microparticules plus petites qu'un micron. Les chercheurs ont aussi observé les échantillons au microscope électronique et trouvé que des grains qui faisaient une taille de 20 à 50 µm ont été réduits à une taille permettant la fabrication de nuages.
Dans la chambre à nuages, les chercheurs ont observé la formation des gouttelettes. « Les échantillons entrant dans la chambre à nuages sont exposés à des conditions d'humidité représentatives de l'humidité relative trouvée dans l'atmosphère », explique Sarah Brooks. Quand un échantillon peut activer la formation de nuages, des gouttelettes se mettent à grossir sur les fragments de l'échantillon et forment des gouttelettes plus grosses. Les petites particules de pollen agissaient ainsi comme des noyaux de condensation des nuages.
En résumé, quand les arbres émettent du pollen, ils pourraient favoriser la formation des nuages et la pluie qui nourrit en retour les arbres. Le pollen transporté par le vent pourrait donc influencer le climat, suggérant ainsi un nouveau lien entre les plantes et l'atmosphère. Donc, le pollen ne sert pas qu'à la reproduction des plantes, mais aussi à celle des nuages !

 
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