Nos abeilles face aux néonicotinoïdes - Le Réveil Horticole

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Nos abeilles face aux néonicotinoïdes

Botanique et histoire > SUJETS DE BOTANIQUE
 
 

L'usage des pesticides et des insecticides en particulier représente une
manne financière colossale pour les laboratoires qui les produisent !
Ces produits ne sont pas sans incidence sur notre environnement.
Si vous êtes sensibilisé par leur impact sur la faune du jardin et
plus spécialement sur les pollinisateurs tels les abeilles,
vous pouvez participer à une pétition qui circule
actuellement sur internet et qui émane de
– POLLINIS Association Loi 1901 –
– 143 avenue Parmentier –
www.pollinis.org
75010 Paris

                                                               août 2016  

 
 

Les néonicotinoïdes :    Par Alain Muset

Ce sont des insecticides systémiques.
Ces neuro-toxiques sont des dérivés chlorés.
Tous affectent le système nerveux central des insectes,
provoquant la paralysie et la mort.

Les cinq principales matières actives ont pour nom :
  - Acetamipride, Clothianidine, Thiamethoxane, Imidachlopride, Triaclopride.
Ce sont tous des tueurs d'abeilles ! Leur usage ne cesse d'augmenter.
En France par exemple, on est passé de 388 tonnes de produits en 2013 à 508 T. en 2014.
Cela représente une augmentation de 31 % sur une seule année !
Les chiffres pour 2015 ne sont pas publiés !!
         (c'est un secret d'état afin soi-disant de ne pas gêner la concurrence !?)
L'insecticide systémique est un pesticide qui va circuler grâce à la sève dans toute la plante et dans tous les tissus y compris dans les parties florales telles que le nectar et le pollen.
Cette circulation est caractérisée par leur solubilité dans l'eau qui leur donne de ce fait une grande mobilité dans la sève que celle-ci soit brute (celle du xylène), élaborée (celle du phloène) ou les deux à la fois.
Il est donc très efficace contre les insectes suceurs, piqueurs et même phytophages, mais avec l'inconvénient majeur de toucher les insectes pollinisateurs et en  bout de chaîne les consommateurs que nous sommes !
Pour rappel :
  - phytophage : se dit d'un organisme vivant qui se nourrit de végétaux,
  - nectarivore : se dit d'un organisme vivant qui se nourrit de nectar,
  - pollinivore : se dit d'un organisme vivant qui se nourrit de pollen

 

Description de ces insecticides :
ACETAMIPRIDE : insecticide systémique, son utilisation est de combattre les insectes suceurs.
Principalement dans la culture de la cerise, il sert à contrer la larve de la mouche de la cerise, petite mouche de 5mm de long de l'ordre des diptères qui pond dans la cerise et dont la larve se développe dans le fruit lorsque celui-ci commence à mûrir.
L'utilisation de cet insecticicide se retrouve également dans les cultures d'agrumes, dans la vigne, le coton et différents plantes ornementales.
CLOTHIANIDINE : princpe actif du Poncho (1), insecticicide commercialisé par Bayer.
Il a un impact très élevé sur les pollinisateurs, que ce soit abeilles ou bourdons. Il est très peu biodégradable et son action toxique dure très longtemps. Trop longtemps car les molécules migrent vers les nappes phréatiques et finissent par toucher des espèces qui au départ n'étaient pas ciblées. C'est ainsi qu'en plus des abeilles et boudons, on retrouve entre autres les oiseaux, les chauve-souris, les mulots, les taupes et les vers de terre.
Les apiculteurs mettent en évidence ces molécules pour expliquer le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.
Il est utilisé contre les ravageurs du sol mais aussi contre les pucerons du pêcher, du pommier et du poirier et dans la culture des pommes de terre.
THIAMETHOXANE : insecticide utilisé contre la mouche de l'olive, toujours de la même famille et avec les mêmes mécanismes d'action.
Utilisé dans l'agriculture intensive, il est très toxique pour les pollinisateurs même à faible dose contrairement aux données du fabricant.
On le retrouve dans le traitement des fruits à pépins, à noyaux, des baies, la betterave sucrière, la pomme de terre, le riz.
Il est aussi utilisé en enrobage des semences de maïs et du colza et contre les taupins, les pucerons sur pommiers, les thrips mineuses de feuilles, les tenthrèdes ainsi que la psylle du poirier. Il est très nocif pour les coccinelles qui ingèrent les pucerons.
L'enrobage des semences, permet d'éliminer les ravageurs inaccessibles lors des pulvérisations si l'hôte est déjà dans les tissus du végétal. Cela évite la propagations des viroses par ces mêmes insectes. En plus, grâce à l'efficacité de ces produits, on évite de renouveler les pulvérisations suite à une nouvelle infectation.
IMIDOCLOPRIDE : c'est la matière active du Gaucho (1) utilisée sur le maïs, le colza, le tournesol. C'est la matière active aussi du Confidor (1) pour le traitement des arbres fruitiers, du Provado (1) pour traiter jardins et serres, de l'Advantage (1) qui est un anti-puces et tiques pour chiens et chats.
C'est le plus toxique pour les abeilles étant un insecticide très persistant dans les sols et les eaux de ruissellement.Il est détecté dans le pollen et le nectar des plantes, très utilisé contre les thrips, la mouche blanche, la ciccadelle du rhododendron, la cochenille des plantes d'appartement et contre les pucerons sur tomates, aubergines, poivrons, melons et courges.
THIACLOPRIDE : son action est semblable aux autres néonicotinoïdes et il combat les mêmes ravageurs.
(1) marque déposée par Bayer

Les néonicotinoïdes et l'incidence de leur utilisation
L'utilisation des néonicotinoïdes ne faiblit pas, les abeilles sont constamment en contact avec l'un ou l'autre de ces produits et il en résulte que la pollinisation est de plus en plus faible.
L'Union Européenne a déjà interdit l'usage de ces pesticides, mais aussitôt les grandes firmes saisissent la justice pour faire annuler ces décisions. C'est le conflit d'intérêts et l'on tourne en rond.
Par une certaine perte de biodiversité et donc la perte des pollens les plus riches, les abeilles visitent maintenant systématiquement toutes les cultures de différentes plantes alors que cela n'était qu'occasionel auparavant.
C'est le cas par exemple du maïs qui n'était pas régulièrement visité par elles, tout en sachant par ailleurs que le maïs ne produit pourtant pas de nectar !
Composition et délais d'action des pesticides :
On retrouve dans ces produits :
  - la matière active (une ou plusieurs), c'est celle-ci qui est toxique ;
  - on ajoute un diluant incorporé à la préparation, le plus souvent des huiles végétales destinées à diminuer
    la concentration du produit ;
  - et enfin un adjuvant destiné à faciliter la pénétration dans la plante.
Il est déterminé un délai, exprimé en jours, pour le traitement avant la récolte.
Celui-ci pour beaucoup, c'est toujours trop court mais cela est une autre histoire.
Le délai est très faible et à titre d'exemple,
  - il est de 7 jours pour les légumes-fruits tels les tomates, potirons, aubergines ...
  - un peu moins faible pour les légumes feuilles et pour finir
  - un peu plus long pour les légumes racines et les tubercules.
Petit synopsis sur la vie de l'abeille
Celle-ci est les seul animal à fabriquer sa nourriture. Son poids est de 1/10e de gramme.
Elle fait environ 20 voyages par jour et ramène à chaque fois 0,05gr soit la moitié de son poids.
Pour 1 kg de miel elle doit faire 50.000 voyages ce qui représente 40.000 kms soit le tour de la terre.
La reine peut pondre 2000 oeufs par jour et vit de 4 à 5 ans.
Les ouvrières de l'été vivent 40 jours, celles de l'hiver de 5 à 6 mois.
Les abeilles sont sur terre depuis plus de 100 millions d'années.
85 % des espèces végétales ont besoin des insectes pollinisateurs, le reste est effectué par le vent,
cette dernière est dite pollinisation anémophile. C'est le cas du hêtre, du bouleau, du noisetier, du
saule, du peuplier et des graminées à chatons.
Une ruche avec sa population d'abeilles, pollinise en une journée 3 millions de fleurs.
En France, une loi sur la biodiversité, prévoit l'arrêt de ces substances pour septembre 2018 avec
une répercussion sur les pays limitrophes !
Qu'en sera-t-il de cette disposition au moment voulu ??
J'ai oublié de vous dire :
L'abeille dans sa courte vie en été sera successivement :
  - ménagère,
  - nourricière de larves,
  - cirière pour la fabrication d'alvéoles,
  - gardienne de la ruche,
  - ventileuse pour le rafraîchissement de celle-ci et enfin,
  - butineuse en commençant par ramener de l'eau, puis du nectar, du pollen et enfin de la propolis.
                                                                                                       Alain Muset

 
 
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