Le ver blanc du hanneton - Le Réveil Horticole

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Le ver blanc du hanneton

Côté ravageurs

Un peu d'histoire ...

Dans les années 50, la chasse aux hannetons faisait partie des jeux des enfants de l'époque.
Il s'agissait au moyen de longues branches de battre le feuillage des arbres afin
de faire tomber les hannetons accrochés au revers des feuilles.
Leur récolte donnait lieu à des échanges entre gosses qui réalisaient des minis cerfs-volants en
attachant du fil à coudre au corps de l'insecte.
Cet usage faisait partie d'un héritage de la fin du 18e siècle époque où la larve du coléoptère
représentait un véritable fléau pour les agriculteurs.
En France à cette époque, les préfectures, relayées par les conseils généraux ou municipaux
encouragent la bataille contre l'insecte.
Des primes au décalitre sont attribuées aux meilleurs ramasseurs.
Les enfants sont réquisitionnés le matin avant la classe ou les jours de congé pour être employés
à la recherche de hannetons sous la surveillance de leur instituteur.
Des délégués sont nommés dans chaque commune pour recevoir et évaluer les quantités d'insectes récoltés
et ainsi distribuer les récompenses.
Cette pratique a petit à petit laissé la place à une lutte chimique qui a contribué à faire disparaître presque complètement le hanneton.


Le hanneton commun (Melolontha melolontha)
C'est cet insecte coléoptère qui se fait entendre par son vol lourd et bruyant les soirs de printemps, dès le coucher du soleil. Il mesure de 2 à 3 centimètres.
Son corps est noir métallisé et ses élytres d'un roux luisant.  
Certaines années, au printemps, des hannetons migrent en grand nombre pour s'installer dans les arbres et en dévorer les feuilles, en forêt, dans des haies ou des vergers. Des invasions spectaculaires qui, heureusement, ne durent pas plus d'une vingtaine de jours.
C'est un phénomène périodique du certainement en partie au cycle du hanneton.
Après y avoir passé tout l'hiver, les hannetons adultes sortent de terre en avril-mai
et migrent dans les arbres pour se nourrir et aussi se reproduire. Cela dure 4 à 6 semaines en général car leur durée de vie n'excède pas ce laps de temps.
C'est le moment où les femelles
pondent une vingtaine d'oeufs dans le sol, à quelques centimètres seulement de profondeur.

Un cycle de 3 ans

Les larves éclosent six semaines après la ponte, et c'est alors qu'elles commencent à dévorer les racines à leur portée.
Leur cycle va se poursuivre pendant trois ans avec deux mues successives et deux périodes d'hivernage, durant lesquelles elles s'enfoncent profondément dans le sol. Elles remontent près de la surface à la mi-printemps et dévorent les racines de toutes plantes jusqu'en automne avant de s'enfoncer en profondeur pour hiberner à nouveau.
Elles remontent à nouveau au printemps suivant et vers le mois de juillet s'enfoncent plus profondément cette fois et là se produit la nymphose. Au bout de 6 à 8 semaines, l'imago (?) se libère de la nymphe et reste en terre jusqu'au printemps qui suit où il remonte à la surface pour effectuer un nouveau cycle.

                                                          Cycle complet de développement

.


           

Les larves ou vers blancs
Ces gros vers blanchâtres, de plusieurs centimètres de long selon les stades larvaires, sont recourbés en arc, avec trois petites paires de pattes et l'extrémité de l'abdomen noirâtre.
Ils peuvent être confondus avec la larve de la cétoine (?) qui est plutôt une amie du jardinier. Celle-ci est particulièrement utile au jardin puisqu'elle se nourrit de déchets végétaux et participe ainsi à la transformation du compost.
Comme pour beaucoup d'insectes, c'est le stade larvaire chez le hanneton qui provoque le plus de dégats sur les cultures. En effet, les larves se nourrissent de toutes racines à leur portée.
Les plantes étant privées de leurs racines nourricières, on constatera selon le cas des parterres de fleurs dévastés, des légumes-racines (pommes de terre, navets, carottes, betteraves ...) creusés de galeries, de jeunes arbres fruitiers dépéris ou même des pelouses à la surface dégarnie .....
La taille de la larve et sa voracité allant croissant, les dégâts estivaux peuvent être importants suivant la concentration en vers blancs.


Moyens de lutte

Au jardin, des binages répétés permettent de récolter ces vers et de les exposer sur un plateau à la merci des oiseaux ou des hérissons.
D'autres prédateurs naturels (s'ils sont tolérés) tels les taupes et les volailles peuvent participer à leur élimination.
Des bactéries, nématodes et champignons sont aussi susceptibles de fournir des méthodes de lutte biologique.
                                                                                                           
franz De Weerd

 
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