LE SAPIN DE NOEL - Le Réveil Horticole

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LE SAPIN DE NOEL

Botanique et histoire > AUTRES SUJETS D'HISTOIRE

   Par André Lambert  (Radio Stéphanie 102.90)





Un sapin
de Noël, appelé aussi
arbre de Noël, sapin des fêtes ou
sapin des réjouissances, est une décoration
de Noël (souvent associée aux cadeaux de Noël)
servant à souligner une tradition païenne christianisée
par les Églises chrétiennes au long du Moyen Âge et
généralisée à la fin du 18ème siècle.














Préalable :

Le sapin étant devenu un objet de grande consommation pour le mois de décembre, des plantations
uniquement destinées à fournir la demande sont réalisées afin de limiter les coupes dans les bois.
Jusqu'à il y a peu, le «sapin» de Noël était, dans environ 70 % des cas, non pas un sapin blanc (Abies alba)
mais un épicéa commun (Picea abies), arbre moins cher et à croissance plus rapide, mais qui garde ses
aiguilles moins longtemps que le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana), apparu plus récemment sur le
marché et qui est en constante progression.

Au Canada, la tradition veut que l'on utilise le sapin baumier (Abies balsamea) qui a la propriété de dégager
un parfum fort apprécié.
Une autre essence est aussi utilisée au Canada, le sapin Fraser (Abies fraseri) qui ne donne aucun parfum
mais conserve mieux ses épines que le sapin baumier.

Dans le cadre de la tradition chrétienne, l'arbre de Noël ne doit pas être érigé avant la veille de Noël,
c'est-à-dire le 24 décembre et doit être enlevé, douze nuits après, pour l'Épiphanie.
Dans les faits, les décorations des rues démarrent nettement plus tôt et il n'est donc pas rare qu'un sapin
survive jusqu'à la Chandeleur peu de jours avant le début du Carême.
Les sapins de Noël peuvent être vendus coupés ou en pot, ce qui permet de le replanter à la fin des festivités.
Le sapin replanté peut lui-même servir de sapin de Noël d'extérieur :
la généralisation de guirlandes électriques «tous temps» permet aux particuliers de décorer un arbre de leur
jardin, souvent visible de la rue, ainsi que la façade de leur maison.

L'usage de sapin artificiel en plastique, souvent pliable, réutilisable, est une alternative à celle du sapin naturel.
Certains de ces sapins sont vendus «enneigés» (les feuilles sont en plastique blanc ou elles sont recouvertes
d'une poudre blanche) ou même décorés (boules et guirlandes pré-accrochées) voire parfumés.
Ce traitement peut aussi être fait sur des sapins naturels. L'image auprès du public d'un sapin en plastique
est moins bonne que celle d'un sapin naturel, mais c'est souvent le moyen le plus économique (à long terme),
le moins salissant et le plus pratique (pas d'élimination du sapin à prévoir) pour qui habite en ville.
De plus, la variété des tailles permet de choisir un sapin correspondant à la place disponible dans l'habitation.
Toutefois, bien qu'il soit réutilisable plusieurs années, ce type de sapin est tout sauf écologique et son impact
écologique est beaucoup plus important qu'un sapin naturel.














Histoire :

S'il est clair que la coutume du sapin de Noël moderne remonte à la Renaissance dans les pays germaniques (attestation au 15ème siècle dans les cérémonies de fin d'année des guildes germaniques et livoniennes, Riga prétend officiellement qu'a été érigé et décoré le premier arbre de Noël dans sa cité en 1510), il existe un certain nombre de théories qui spéculent quant à son origine plus lointaine.

L'image de l'arbre comme symbole de renouveau de la vie est un thème traditionnel païen qui se retrouve dans le monde antique et médiéval (voir notamment le culte idolâtrique et les nombreuses mythologies liées à l'Arbre du Monde) avant que ce symbole soit assimilé par le christianisme. Le sapin et l'épicéa, conifères à feuilles persistantes, rappellent depuis longtemps ce symbolisme de la renaissance lors du solstice d'hiver, comme en attestent les gravures rupestres dans les régions scandinaves.

Selon l'Encyclopædia Britannica, l'utilisation d'arbres à feuilles persistantes, de couronnes et de guirlandes pour symboliser la vie éternelle est une coutume antique chez les Egyptiens, Chinois et Hébreux. Les Romains, lors des Saturnales, décorent leurs maisons de branches de laurier, de buis ou d'olivier et laissent allumées des lampes pour éloigner les démons.
Le culte des arbres est courant dans l'Europe païenne et survit à sa conversion au christianisme dans les coutumes scandinaves où persiste la tradition lors des fêtes d'hiver de Yule de décorer la maison et la grange avec des conifères auxquels on attache des torches et des rubans de couleur ou de suspendre des branches de sapin dans la maison pour chasser les mauvais esprits.

D'autres théories lui attribuent une origine chrétienne en Gaule.

La coutume du sapin décoré remonterait au missionnaire Saint Colomban qui fonde en 590 le monastère de Luxeuil au pied desVosges. Un soir de Noël, il emmène avec lui quelques-uns de ses religieux jusqu’au sommet de la montagne où préside un antique sapin, objet de culte païen. Les moines accrochent à l’arbre leurs lanternes et leurs torches et dessinent une croix lumineuse au sommet. Cet acte syncrétique permet à Saint Colomban de raconter les merveilles de la naissance de Jésus aux paysans accourus voir ce spectacle et d'en convertir plusieurs, lançant la coutume d’installer chaque année des sapins illuminés. Cependant aucune tradition écrite ne relate cette histoire à cette époque où l’arbre symbolique par excellence dans les forêts druidiques est le chêne; l'épicéa étant également chez les Celtes l’arbre de l’enfantement: associé au 24 décembre, il est décoré lors des rites du solstice d'hiver de fruits, de fleurs et de blé.

Une autre légende du 8ème siècle est l'histoire du chêne de Thor de Boniface de Mayence qui illustre bien la confrontation entre le chêne païen et le sapin chrétien. La forme conique du sapin permet à l'«apôtre de l'Allemagne» d'enseigner la notion de Trinité.
Cette influence chrétienne se retrouve au Moyen Âge dans les mystères qui ont notamment pour décor un arbre de Noël (symbolisant l'arbre du paradis) garni de pommes rouges (elles représentent le fruit défendu), d'oublies (ils représentent les hosties de l'Eucharistie) et au sommet l'Étoile de Bethléem à partir du 14ème siècle.
Dès le 15ème siècle, cet arbre du paradis est dressé dans les sièges des corporations et les hôpitaux en Allemagne puis est installé dans les foyers des familles bourgeoises protestantes (les familles catholiques se différenciant quant à elles avec leur crèche de Noël), les pommes étant remplacées par des objets ronds comme des boules rouges brillantes.
Cette tradition protestante scandinave et germanique se répand dans les villes comme dans les campagnes (les bougies en cire décorant alors les sapins étant encore onéreuses), au 17ème siècle avec le décor des hosties et de la pomme de Noël remplacé par des papillotes en forme de roses et autres fleurs en papier multicolore, mais surtout au 18ème siècle avec la multiplication des décorations.
Elle est néanmoins mentionnée pour la première fois en France à Sélestat, le 21 décembre 1521, dans un livre de compte de la ville qui fait mention d'une rémunération versée aux gardes forestiers pour la surveillance de la coupe des sapins, un édit municipal protégeant la forêt d'un abattage excessif en autorisant uniquement la coupe de petits arbres: la décoration des maisons se fait alors non pas avec le sapin entier mais avec des branches coupées 3 jours avant Noël. En France, cette tradition se limite alors dans l'Alsace protestante qui utilise le sapin entier en décor à partir du 17ème siècle. Les Alsaciens apportent la tradition du sapin de Noël dans l'hexagone en s’expatriant après la guerre de 1870.

L'arbre de Noël ne devient une tradition profondément enracinée en Allemagne qu'à partir du 19ème siècle (aussi bien dans les familles protestantes que catholiques), des colons allemands l'ayant exporté en Amérique du Nord au début du 17ème siècle.

L'arbre de Noël est à la même période progressivement adopté par la noblesse européenne: la princesse Henriette de Nassau-Weilburg  introduit l'arbre de Noël à la Cour de Vienne en 1816; la duchesse d'Orléans, d'origine allemande l'introduira à la Cour de France en 1837.

Décoration et accessoires du sapin de Noël :
Le sapin de Noël se caractérise aussi par les décorations qu'il porte. Celles-ci sont de plusieurs types:
• Une étoile au sommet du sapin, rappelant pour les chrétiens l'étoile de Bethléem qui guida les rois mages vers le lieu de
  naissance de l'Enfant Jésus, que l'on célèbre le 25 décembre; l'étoile est parfois remplacée par une pointe.
  Traditionnellement, c'est l'enfant le plus jeune de la famille qui installe l'étoile sur le sapin;
• Les guirlandes: simples ou lumineuses (clignotantes ou non, colorées ou blanches), de matières variables (rubans, chaînes de
  perles ou d'objets divers, ou encore de type «boa»…);
• Les boules de Noël: brillantes et de différentes couleurs;
• D'autres suspensions de formes diverses ayant un rapport avec Noël, notamment des angelots, des Pères Noël, des miniatures
  d'objets en bois, des serpentins multicolore et même des bougies allumées;
• Des «cheveux d'anges»: de longs fils blancs très fins;
• Flocage et givrage: le sapin floqué est recouvert d'une colle ignifuge à base d'eau et de ouate de cellulose et/ou de fibres de coton
  (blanches, simulant la neige ou colorées) qui sont vaporisées à l’aide d’un brouillard d’eau, le sapin givré est peint et floqué
  légèrement;
• Des «glaçons»: en verre, en plastique ou simples fines bandelettes d'aluminium simulant la glace présente sur l'arbre l'hiver.

Les cadeaux de Noël :
Ceux-ci ne sont pas des accessoires à proprement parler, mais on les place au pied du sapin la veille de Noël à cause de leur aspect
                                                          décoratif (papier cadeau).
Le support du pied de sapin, peut être:
• une demi-bûche de bois dont le côté plan est posé au sol, avec un trou sur le dessus pour coincer le tronc;
• un grand pot rempli de sable, de terre, de pierres ou de galets;
• un pied de métal;
• deux planches clouées en croix avec un trou à l'intersection pour glisser le tronc de l'arbre.

La crèche de Noël :
Souvent associée, elle n'est pas un accessoire du sapin, elle est simplement concomitante.
Autant le sapin a une double origine païenne et chrétienne, autant la crèche n'a qu'une signification religieuse.

                                                                                                             André Lambert  
Extrait de l'Emission «Evasion» présentée sur les ondes de Radio Stéphanie (102.90 FM) par André LAMBERT
le jeudi 04 décembre 2014 entre 13h30 et 16h00
         

 
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