- Le Réveil Horticole

Aller au contenu

Menu principal :

Côté ravageurs
 

Étymologie
Du grec, lance, et, qui porte.
Terme d'antiquité. Nom que les Grecs du Bas-Empire donnaient aux soldats de la garde impériale, qui étaient armés d'une demi-pique.

                       Statue de Polyclète « doryphore » 440avJC 8

Pour en savoir plus sur cette statue et sa particularité,


 

Un peu d'histoire plus récente ...
Récit de Bernard Pinot : Les doryphores
Les actions de guerre revêtent parfois des aspects insolites. En 39-45, les responsables du Reich soupçonnèrent les Alliés d’utiliser une arme inédite pour entamer leurs approvisionnements : les doryphores.
Ces coléoptères, d’insatiables ravageurs des plants de pommes de terre, étaient identifiés en Amérique à la fin du siècle précédent. Ils avaient traversé l’Atlantique au début du XXe siècle. Une recrudescence notable du fléau fut subitement perceptible en 1941 dans les territoires occupés. Puisqu’ils envisageaient euxmêmes de le faire, les Allemands craignaient que les Anglo-américains eussent trouvé le moyen efficace de larguer des doryphores. Ils imposèrent alors des mesures énergiques pour apporter remède à ce mal insidieux.
Comme les produits chimiques du moment manquaient d’efficacité, ils ordonnèrent un ramassage systématique des petites bestioles dévastatrices.
C’est ainsi que les gamins scolarisés à Pusey participèrent à la collecte des doryphores et de leurs larves voraces dans les champs du village. Les paysans étaient ponctionnés d’une partie de leur récolte par l’occupant, et voilà qu’ils subissaient en plus des dégâts provoqués par les parasites ailés, aussi la directive prise fut-elle admise sans trop de réticence.
Plusieurs d’entre nous se souviennent du ramassage avec nos petites boîtes en métal. Nous remettions la récolte à monsieur Joffroy, notre instituteur, qui ne manquait pas de féliciter le meilleur ramasseur avant de procéder à l’incinération des insectes pour en assurer la totale destruction. Quant à nous, nous avions pris un bon bol d’air, avec le sentiment du devoir accompli et le plaisir d’une journée quasi buissonnière.
C’est de cette époque que l’habitude fut prise d’appeler les Allemands « les doryphores » en référence à leur nombre et aux dégâts causés…
Bernard Pinot - Novembre 2012 (source - site de la Commune de Pusey du département de la Haute-Saône)

Le doryphore - Archives de 1933

Le C.H.A.F., Cercle d'histoire de Court St Etienne, regorge d'archives (photos, articles de journaux ....),
témoins de la vie passée des stéphanois mais plus largement aussi des habitants de nos régions.
La mise en place d'une base de données révèle parfois des documents intéressants
pour le Réveil horticole. C'est le cas de ceux qui suivent datant de 1933.

Cliquez sur une vignette pour agrandir et agissez sur les poignées (<>) pour passer de l'une à l'autre

           LE DORYPHORE : Leptinotarsa decemlineata
Description
Les doryphores appartiennent à l'ordre des coléoptères de la famille des chrysomélidés.
Il existe environ 25 000 espèces de doryphores dans le monde.
Présentant sur le dos une alternance de rayures jaunes et rayures noires au nombre de
10, ils sont très reconnaissables. Du fait de leurs couleurs, ils connaissent naturellement
ainsi peu de prédateurs. Les élytres cachent des ailes fonctionnelles leur permettant de
voler. Longs de 1 à 2 cm, ils portent de courtes antennes en massue. Leur thorax et la
tête sont bruns-noirs.

Origine
Le doryphore n'est pas indigène de nos contrées et est arrivé de manière accidentelle.
De ce fait, il connaît peu de prédateurs naturels sur notre continent.
Originaire d'Amérique du Nord, l'insecte s'est cantonné longtemps à dévorer une
espèce sauvage de pommes de terre que l'on trouve dans la région montagneuse des
Rocheuses. Vers 1850, avec l'expansion de la culture de la pomme de terre, le
doryphore a peu à peu colonisé le continent américain. En 25 ans à peine, il avait
envahi de façon incroyable toutes les régions de l'Est américain. Cette invasion fut si
dense qu'elle inquiéta les autorités Européennes qui suspendirent fin du 19e siècle
l'importation de pommes de terre en provenance d'Amérique. Malgré cela, l'invasion
était en marche et l'Allemagne et l'Angleterre suivies par la France furent colonisés.
Des cohortes de doryphores s'installèrent ensuite dans toute l'Europe de l'Est.
Cette acclimatation rapide a été favorisée par le fait que ces insectes ne craignent pas
le froid.



doryphore adulte


larve de doryphore


ponte de doryphore

Cycle
Les adultes hibernent dans le sol à la mauvaise saison (à des profondeurs comprises entre 25 et 40 cm) pour mieux ressortir dès les premiers beaux jours. La durée de vie de l’insecte adulte est de 1 à 2 ans.
Au printemps, lorsque la température du sol atteint 14 °C, ils sortent du sol et après 2 semaines d’alimentation ils s'accouplent. L'éclosion des œufs est très rapide car il leur faut seulement 4 à 10 jours. Les larves parviennent à leur développement complet en 15 jours puis descendent dans le sol pour se nymphoser. Ce stade dure 8 à 15 jours selon les conditions climatiques.
La durée minimale du cycle total est de 5 à 6 semaines seulement (entre 25 et 28°C).
La sortie printanière des adultes enfouis est très échelonnée à partir du mois d’avril. On peut donc trouver dans la même culture des adultes, des larves à tous les stades et des œufs. Les adultes entrent en hibernation fin août début septembre

Ravages
Leur repas est uniquement composé de feuilles de Solanacées autrement dit les pommes de terre, les tomates, les aubergines. Le danger vient aussi bien de la larve que du sujet adulte. La femelle pond du printemps jusqu'à la fin de l'été sous les feuilles. Une seule et même femelle peut pondre jusqu'à 2500 œufs. L'incubation dure de 4 à 10 jours avant l'éclosion. Les larves dévorent la feuille sur lesquelles elles sont posées puis s'attaquent aux feuilles environnantes. Après trois mues successives  la larve se transforme en nymphe. Cette dernière s'enfouit dans le sol pour se transformer en doryphore adulte en l'espace d'un quinzaine de jours.
Moyens de lutte
Lorsqu'un jardin est infesté de doryphores, les moyens de lutte utilisés doivent à la fois combattre les adultes mais aussi les larves. Les produits insecticides utilisés doivent être régulièrement renouvelés puisqu'en effet les scientifiques soupçonnent que le doryphore soit capable de développer une résistance aux produits chimiques.
Si votre potager n'est pas trop infesté, la méthode manuelle consistant à prélever les adultes ainsi que les larves reste la plus efficace et moins dommageable pour l'environnement.
Parmi les autres moyens de lutte, il y a les coccinelles, les oiseaux (entre-autres les poules) et les carabes.
Les nématodes (micro-organismes) sont une solution contre les larves.
Cetaines plantes ont la réputation de tenir les doryphores éloignés; on cite la tanaisie, le souci et le lin et aussi l'ail ou le raifort.
Conclusion
Le doryphore a été fortement combattu par le passé et même s'il ne fait plus l'actualité, il reste un ravageur redoutable pour lequel il convient de rester toujours attentif.                                             
Franz De Weerd

 
Retourner au contenu | Retourner au menu