La renaissance, l'apogée de Venise et le Roi Soleil - Le Réveil Horticole

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La renaissance, l'apogée de Venise et le Roi Soleil

Botanique et histoire > HISTOIRE DES PARFUMS

Le mot parfum est partout !
Il représente la substance quand on parle d'aromate ou d'essence,
synonyme d'odeur s'il s'agit de bouquet ou de fragrance.
Nuancé si la vertu se donne un parfum,
il est signe de plaisir dès qu'on l'associe aux louanges ou à la renommée,
il représente une saveur quand il entre en cuisine,
on peut même s'offrir un parfum de savoir ou de tranquilité !
(ndlr)

Pour retourner à la 1ère partie :
L'Egypte et le moyen-âge

 

Deuxième partie

 

La Renaissance et l’apogée de Venise
A la Renaissance, Gênes et Venise contrôlent le trafic en Méditerranée.
Fortes d'une puissante marine de guerre, leurs navires marchands ont le quasi monopole du transport
des produits en provenance du Proche ou de l'Extrême Orient.
La République de Venise (La Sérénissime) est considérée comme la ville la plus riche d'Europe.
Ses entrepôts regorgent de soieries et étoffes luxueuses mais aussi d'épices et aromates rares.
Cette domination dans le commerce des substances odorantes favorise l'essor des industries de luxe
qui se propage au-delà des limites de la République et fait de l'Italie la terre d'élection de la parfumerie.
Les créations sont multiples :
- poudres pour nettoyer la chevelure (à la violette, à l'iris, à la rose musquée, à la jacinthe)
- Eaux cosmétiques pour les soins de la peau (à la cannelle, camphre, citron, camomille)
- Eaux de senteurs (au musc, lys, ambre, fleurs d'oranger)
- Bains de bouche garants d'une bonne haleine (au gingembre, mastic, clou de girofle, romarin)
- Huiles et pommades (à la rose, orange, citron)
La fin du 16e siècle marque un essouflement à cette domination
par la concurrence des navires hollandais, anglais et français.
La Sérénissime perd peu à peu sa suprématie dans le transport des produits de luxe.
En matière de parfumerie, c'est la France qui va prendre la première place.

Au temps du Roi-Soleil
Au 17e siècle, les parfumeurs français, majoritairement Parfumeurs-gantiers,
réunis en corporation obtiennent des statuts particuliers.
Devenir maître gantier-parfumeur suppose 4 années d’apprentissage suivies de 3 autres de compagnonnage.
Considérant la parfumerie française comme une grande industrie nationale,
Colbert encourage son développement.
La région de Grasse développe de grandes plantations d'orangers et multiplie aussi
les cultures de plantes à parfum : rose, oeillet, tubéreuse, violette et jasmin.
Les compagnies françaises des Indes orientales et occidentales donnent aux parfumeurs
un accès direct à de nombreux produits exotiques.
A Versailles, où règne l’étiquette la plus rigoureuse,
le parfum se décline à travers de multiples accessoires odoriférants
(sachets, éventails, mouchoirs, vêtements, perruques, chapelets et gants parfumés)
destinés à marquer le rang social.
A une époque où c’est Versailles qui donne le ton à toute la bonne société française et européenne,
cette passion des senteurs est naturellement un puissant facteur de succès pour l’activité des parfumeurs.
Louis XIV, surnommé le "doux fleurant ", aime tant les parfums qu’il leur devient allergique.
Saint-Simon rapporte qu’excepté l’odeur de la fleur d’oranger,
il ne pouvait plus rien supporter et qu’il fallait faire très attention quand on l’approchait.
"Jamais homme, conclut le moraliste,
n’aima tant les odeurs et ne les craignit tant après, à force d’en avoir abusé".
Mais, l’allergie royale ne suffira pas à remettre en cause les pouvoirs
prophylactiques, thérapeutiques et nettoyants accordés au parfum.
Plus que jamais, il est censé protéger du mauvais air.
L’environnement odorant d’un palais qui ignore les latrines est, en effet, épouvantable.
On fait donc brûler dans les pièces du château quantité de cassolettes.
En temps de peste, ce sont des "parfumeurs" rétribués par les villes qui désinfectent
les maisons contaminées et les habitants, à l’aide de fumigations aromatiques,
parfois renforcées par des effluves violents
(ceux du soufre, de l’arsenic, de la poudre à canon).

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Résumé d'extraits de publication de Mme Annick Le Guérer, Docteur de l’Université, anthropologue et philosophe,
spécialiste de l’odorat, des odeurs et du parfum., chercheuse associée à LIMSIC, Université de Bourgogne.

A publié notamment :
"Les pouvoirs de l'odeur" (François Bourin, 1988, Odile Jacob, 1998,  2002), "Histoire des parfums" (Le Garde Temps, 1999),
"Le parfum des origines à nos jours" (Odile Jacob, 2005), "Sur la route de l'encens" (Le Garde Temps, 2001),
"Quand le parfum portait remède" (Le Garde Temps, 2009), "L'osmothèque, si le parfum m'était conté" (Le Garde Temps, 2010),
"100 000 ans de beauté" (en collaboration, Gallimard, 2011).

 
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