L'Egypte et le moyen âge !1) - le 10/12/2014 - Le Réveil Horticole

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L'Egypte et le moyen âge !1) - le 10/12/2014

Botanique et histoire > HISTOIRE DES PARFUMS

Les définitions du mot "parfum" sont multiples mais, dans notre monde contemporain,
celle qui est la plus largement répandue est associée au luxe et à la mode.
Il est vrai que la notion de parfum désigne aujourd'hui le plus souvent une composition olfactive,
très concentrée, qui nous est proposée le plus souvent en flacon par un panel de firmes spécialisées.
(ndlr)


 

Première partie

 

L’Egypte
Dans les civilisations antiques, les parfums, obtenus sans alcool ni distillation,
se présentent sous la forme d’huiles et d’onguents odorants ainsi que "d'encens"
qui dégagent en brûlant d’agréables odeurs.


Leurs ingrédients, difficiles parfois à identifier aujourd’hui,
sont pilés, broyés, mélangés et cuits longuement ensemble.
La fabrication même des parfums est alors
étroitement liée à la religion.
Les temples renfermaient dans leurs enceintes des laboratoires
dont les parfumeurs étaient des prêtres.


Les pratiques funéraires des anciens Egyptiens témoignent encore de l’extrême importance des parfums.
Les rituels longs et complexes de l'embaumement tout en y associant une bonne odeur,
étaient destinés à faire du défunt un "Parfumé", c'est à dire un dieu.
Et dans les utilisations profanes des parfums, sont déjà intégrées des fonctions sanitaires et thérapeutiques.
C'est ainsi que le "Kyphi", le parfum deux fois bon, est réputé pour ses vertus relaxantes et
utilisé dans le traitement des maladies pulmonaires et hépathiques.
Jusqu'au 1er siècle après J.C., l'Egypte exporte encore dans tout le monde antique ses célèbres parfums.
Ainsi, le "métopion", une huile d'amandes amères, sert-elle de support à toute une gamme de senteurs
telles le cardamone, la myrrhe, le galbanum, le miel, le vin, le jonc ou la graine de baumier.
En annexant l'Egypte à Rome, Octave s'empare de ses circuits commerciaux au Moyen-orient.
Disposant, dès lors, d’ une profusion de produits aromatiques, cela favorise une consommation débridée,
illustrée par les fameux banquets de Néron au cours desquels de fines gouttelettes d’essences rares
pleuvent des plafonds, tandis que des colombes au plumage imprégné de senteurs
rafraîchissent les convives à grands coups d’ailes.

Le Moyen-Age
A l’époque médiévale, la parfumerie connaît en Occident un recul certain.
Avec l'invasion barbare et l'effondrement de l'Empire romain au 5e siècle,
l’art du parfum s’est réfugié dans l’empire byzantin.
Parallèlement, l’usage profane des senteurs, symbole de la frivolité du monde païen,
est condamné par les Pères de l'Eglise.
Les croisés de retour de leurs lointaines expéditions ramèneront dans leurs bagages
cosmétiques et senteurs, en particulier l'eau de rose.
Les Arabes joueront un rôle déterminant dans l'évolution de la parfumerie
avec la mise au point de l'alambic et du serpentin.
Ces instruments, qui permettent la distillation de l'alcool, vont ouvrir la voie aux parfums modernes.
Le premier produit parfumé à substrat alcoolique apparaît en Europe au 14e siècle :
c’est la célèbre "Eau de la Reine de Hongrie"
Celle-ci est considérée comme une panacée qui protège de tout, même de la peste.
Ce fléau qui frappe la France en 1348, favorisera un usage intensif des parfums.
Soupçonnant l’eau d’ouvrir les pores de la peau à l’air pestilent, les médecins prôneront, pour se nettoyer,
de recourir aux vertus purifiantes et protectrices des substances aromatiques.
Celles-ci se trouveront sous des formes très différentes
(poudres, lotions, sirops, boîtes de senteurs, pâtes parfumées)
et seront censées empêcher la pénétration de l'air putride.
Dans ce contexte, vont apparaître toutes sortes d'accessoires
plus ou moins sophistiqués dont on peut citer la pomme d'ambre.
Celle-ci, une boule en or ou en argent, emplie d'ambre (concrétions intestinales du cachalot) est bien entendu
réservée aux rois, aux princes et aux plus fortunés, compte tenu de son prix.
Pour les gens de condition plus modeste,
ceux-ci se contenteront de pommes de senteurs garnies d'ingrédients moins rares
(aloès, camphre, basilic, menthe séchée) ou même d'une simple éponge imbibée de vinaigre.

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Résumé d'extraits de publication de Mme Annick Le Guérer, Docteur de l’Université, anthropologue et philosophe,
spécialiste de l’odorat, des odeurs et du parfum., chercheuse associée à LIMSIC, Université de Bourgogne.

A publié notamment :
"Les pouvoirs de l'odeur" (François Bourin, 1988, Odile Jacob, 1998,  2002), "Histoire des parfums" (Le Garde Temps, 1999),
"Le parfum des origines à nos jours" (Odile Jacob, 2005), "Sur la route de l'encens" (Le Garde Temps, 2001),
"Quand le parfum portait remède" (Le Garde Temps, 2009), "L'osmothèque, si le parfum m'était conté" (Le Garde Temps, 2010),
"100 000 ans de beauté" (en collaboration, Gallimard, 2011).


 
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