LE GUI - Le Réveil Horticole

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LE GUI

Rubrique plantes > ARBRES & ARBUSTES

- Traditions (extraits Wikipédia)

  ' En Europe du Nord, il est d'usage de s'embrasser sous une branche de gui, symbole de prospérité et de
  ' longue vie au moment des fêtes de Noël et du jour de l'an (à minuit précisément).
  ' La saison voulant que le gui abonde, on en cueillit dès le Moyen Âge pour l'offrir avec ce souhait :
  ' « Au gui l'an neuf », formule qui fut remplacée plus tard par
  ' « Bon an, mal an, Dieu soit céans » (Dieu soit dans la maison).
  ' Au XIXe siècle on disait « Bonne et sainte année, le paradis à la fin de vos jours »,
expression modernisée au XXe siècle en « Bonne et heureuse année ».
  ' Du temps des Gaulois, les druides allaient en forêt pour couper le gui sacré, le sixième jour de l'année
  ' celtique. Ils coupaient le gui en s'exclamant :
 ' « O Ghel an Heu » ce qui signifie littéralement « Que le blé germe ».
 ' Cette expression se serait transformée (?) au fil du temps par « Au gui l'an neuf »

Quoiqu'il en soit, notre époque ne faillit pas à la tradition des voeux et le gui est encore très présent
dans les décorations ou sur les cartes ou mails que l'on adresse à cette occasion.

Présentation :
Nom latin : Viscum album (=visqueux - veut dire glu)
Noms vernaculaires : gui blanc, vert de pommier, nid de sorcière,
    bois de la Sainte-Croix, guérit-tout

Famille : Loranthacées (env. 1400 espèces)
Identification : Arbrisseau hémiparasite dioïque présent dans toute l'Europe,
    à la forme sphérique qui pousse sur un arbre-hôte et qui peut atteindre
    un diamètre de 1 m.   Les feuilles sont épaisses et d'un vert jaunâtre et les     fleurs (mars-avril) sont insignifiantes mais une touffe de gui femelle peut
    en comporter jusqu'à 1400.
    Les fleurs mâles ne comportent pas de pétales ni d'étamines.
    Sur les plantes femelles, se développent des baies sphériques blanches,
    translucides en hiver. Celles-ci contiennent de la viscine (liquide poisseux)
Reproduction : Assurée par les oiseaux (fauvette à tête noire, grive draine ..)
    Pour pouvoir germer, le gui a besoin de lumière et de gel.  Vers le mois de
    janvier, la graine est prête à germer.
    Taux estimé de réussite : 2 pour 30000 graines.
Variétés :
  
- Viscum a ssp abretis - uniquement les sapins à + de 800m
                                                   (boules jaunâtres)
   - Viscum a pini (ou austriacum) - pins maritimes en montagne
   
- Viscum album a ssp mali - (en Belgique) - sur les feuillus :
        principalement : pommier et peuplier
        mais également : robinier, saule, tilleul et sorbier
        plus rarement : poirier, noisetier, cerisier, chataignier, charme, orme,
        chêne et presque jamais : le hêtre



Etapes d'implantation : Après son accrochage, et dès que la saison s'avance (réchauffement de la température et
allongement des jours), la germination s'opère. La graine développe une sorte de périscope qui s'allonge et se plie
en direction de l'écorce où elle vient se fixer par son cône de fixation. Cela s'effectue jusqu'en juillet.

 
Les cotylédons se vident de leurs réserves de nourriture pour fabriquer un suçoir.  Extérieurement la graine se
déssèche jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un moignon d'environ 6 à 7 mm.
Sous le cône de fixation, le suçoir en forme de clou, traverse l'écorce et s'enfonce jusqu'au bois neuf de l'arbre où
circule la sève.
Une fois le but atteint, le suçoir va se nourrir de la sève et des minéraux de l'arbre et produire ses 2 premières
feuilles endéans le printemps qui suit.  L'hiver, le gui est producteur à l'inverse de son hôte et l'échange va avoir lieu.
C'est le moment où l'arbre hébergeur sera payé de son hospitalité.

Evolution : Il adapte sa croissance à celle de l'arbre hôte. C'est ainsi que son suçoir va grandir à reculons afin que les
orifices qui pompent la sève se trouvent toujours à la limite de l'écorce et donc au niveau du bois-neuf.
Chaque année une nouvelle bifurcation (article) apparaît avec 2 feuilles et le suçoir s'allonge.
Voir exemple d'évolution ci-après :
              
Un fameux échange de passes de la part d'une plante mystérieuse aux yeux de tous !
                                                                                                                            Franz De Weerd

 

Le gui et ses propriétés :

Comme le dit la chanson,
les valeureux gaulois ne craignaient qu'une seule chose,
c'est que le ciel leur tombe sur la tête.
Ils attribuaient à cette plante,
outre ses vertus médicinales mais aussi des pouvoirs magiques.
En ce qui nous concerne nous avons résumé ces propriétés médicinales dans un paragraphe

 


Nom latin
:
Viscum album       Famille : Loranthacées
Description : Seul arbrisseau parasite de la partie aérienne des arbres de notre flore.
  
Feuilles : charnues, allongées, plus vertes en hiver qu'en été.
  Tiges : ramifiées, rondes, opposées et dispersées en boule sphérique.
  
Fleurs : en glomérules très petites, elles apparaissent de février à avril.
  Fruits : translucides, charnus, gluants avec un mucus collant, s'échelonnant sur 2 ans.
Sans les oiseaux, le gui n'aurait eu aucune chance de se multiplier et de se déplacer d'arbre en arbre.
C'est la grive draine dont le nom d'espèce "Viscivarus" signifie "Celle qui mange le gui" qui participe le plus à sa
dispersion.

Qui est ce pique-assiette ?
Jadis on nous représentait le gui sous l'aspect le plus redoutable suçant jusqu'à la moelle les arbres sur lesquels il vit.
C'est vrai, le gui est un parasite, mais contrairement à toutes les maladies cryptogamiques, il est vraiment ridicule car
son action nocive n'est en rien comparable à celle que produisent par exemple : le mildiou de la pomme de terre, la
rouille du peuplier ou la tavelure des arbres fruitiers.
Certains botanistes prétendent qu'il n'est nuisible aux arbres qu'en été et qu'en hiver c'est le contraire !
Analyse :
 
- L'été l'arbre est en pleine végétation et ses feuilles lui procurent toute la nourriture voulue.
    Le gui est implanté sur une branche, ses suçoirs plongent de place en place sous l'écorce pour se nourrir de l'eau
    et de quelques éléments minéraux de son hôte à son insu. A cette période, l'activité du parasite est très réduite et
    sa consommation très faible.
  - Par contre en hiver les choses sont inversées : l'arbre entre dans une phase de vie latente, il doit vivre en l'absence
    de ses feuilles sur ses seules racines et c'est à ce moment que le gui est le plus vigoureux. Sa couleur est vert foncé,
    il décompose en abondance le gaz carbonique de l'air pour fabriquer des matières albuminoïdes, ce qui signifie
    qu'il est capable de synthétiser lui-même la chlorophylle et de fabriquer les sucres dont il a besoin, ne puisant
    chez son hôte que de l'eau et des éléments minéraux.
    C'est ainsi que selon certains pathologistes, le gui fabrique plus de matières albuminoïdes qu'il n'en a besoin pour
    subvenir à sa propre croissance. Le surplus est simplement absorbé par l'arbre qui s'en nourrit.
Conclusion : Il est courant chez l'homme de déduire du bien fondé d'une chose à partir d'une simple approche !
    La démonstration ci-dessus nous apporte une réponse sur la présence du gui comme hémiparasite de l'arbre.
                                                             C'est du donnant donnant !
Implantation :
    Il est fréquent sur les pommiers et son exubérance nuit davantage que son parasitisme car sa prolifération gêne
    énormément l'épanouissement des fleurs et la maturité des fruits.
    Quand on le trouve sur un peuplier, il est tellement haut qu'il semble narguer les passants qui ne seraient pas
    fâchés de l'avoir à meilleure portée pour le cueillir à l'approche des fêtes de fin d'année.
    Il est très rare sur le chêne et plus particulièrement sur le chêne rouvre.
Pourquoi cet engouement pour cette plante ?
    C'est pour cette rareté que nos ancêtres les druides le faisaient rechercher. Car en effet, rien n'était plus sacré que
    le gui développé sur un chêne car cet arbre était considéré comme un Dieu et le gui comme l'âme de celui-ci.
    Le prêtre vêtu de blanc coupait le gui avec une serpe en or car le fer était considéré comme impur.
    Ce culte était déjà propagé bien avant les gaulois et les vertus les plus diverses ont été vouées, durant des siècles,
    à cette plante considérée comme sacrée.

Cette origine lointaine s'explique par cette question :
    Comment cette plante pouvait-elle vivre sans avoir de racines en terre ?
    Elle était aérienne et donc ne pouvait qu'être tombée du ciel !
Usage pas très glorieux !
Auparavant, l'on fabriquait des cornets à glu en papier fort pour piéger les oiseaux (corbeaux, corneilles, geais, pies ..).
A partir des baies du gui on confectionnait une colle que l'on fermentait, réduisait par ébullition et enfin lavait à l'eau
claire. Cette colle était appelée "glu des oiseleurs".  On enduisait le bord des cornets, on y introduisait un appât sous
forme d'un morceau de viande ou d'une noix. Ces pièges étaient dissimulés aux endroits repérés de fréquentation
des oiseaux.
L'oiseau plonge la tête dans le cornet qui se colle fortement et il est facile de s'en emparer.
Ces cornets étaient très efficaces surtout par temps de neige et donc de disette.
Ne dites pas que c'est barbare et ne pensez pas que c'est d'un temps si lointain car j'ai encore connu cela dans les
années septante (1970 oui oui) aux alentours de Sart Messire Guillaume.
Au gui l'an neuf !
Que tout cela ne vous empêche pas de prendre quelques branches de gui, aux feuilles bizarres et baies blanches, et
suivant la tradition de vous embrasser par dessous le jour de l'an.

                                                                                                                  Alain Muset

 
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