Au temps de Marco Polo - le 10/05/2014 - Le Réveil Horticole

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Au temps de Marco Polo - le 10/05/2014

Botanique et histoire > LE VOYAGE DES PLANTES

NDLR

Marco Polo fait partie d'une famille de marchands vénitiens.
Parti à l'âge de 17 ans avec son père sur la route de la soie, il ne rentrera
à Venise que 24 ans plus tard en plein conflit avec Gènes.
Emprisonné par les génois, il relate alors à son compagnon de cellule
le récit de son périple en Chine.
Ces écrits furent largement répandus et influencèrent les cours d'Europe
qui dépêchèrent les plus grands explorateurs, tel Christophe Colomb ..
C'est pour cela que l'on considère Marco Polo comme étant le premier
ayant apporté la connaissance de l'Extrème-Orient en Europe.


        


Alain nous raconte ...

Marco Polo - Les Polo sont des marchands vénitiens et pour eux, plante est synonyme d'épice, c'est à dire de commerce.
Dans ses écrits, les descriptions de plantes ressemblent davantage à un inventaire d'épicier. Ainsi, dans l'Ile de Java il énumère le poivre, la noix de muscade, la girofle. Plus loin il parle de bois odoriférants tels le camphre, le santal, le giroflier et la noix de coco. Cette noix avait navigué entre les îles du Pacifique puis l'océan Indien portée par les courants marins.

Christophe Colomb aurait débarqué au Vénézuela et se serait retrouvé face à l'Orénoque.
Pensant avoir débarqué une fois de plus sur l'une des nombreuses îles des Caraïbes, il renonça à explorer cette
nouvelle terre. Mais les données qu'il consigna dans son journal de bord confirment qu'il avait bel est bien posé
le pied sur le continent américain.  Alors pourquoi ne pas avoir baptisé celui-ci "Colombie" ?
En cause, un chanoine imprimeur de St Dié, fondateur d'une très bonne école de géographie et de cartographie.
Chargé en 1507 de rééditer la "Cosmographia de Ptolémée", l'ouvrage géographique de référence de l'époque, il décida de donner au nouveau monde le nom de "Amerigo", se référant ainsi aux récits de Vespucci dont c'était le prénom.
Mercator, inventeur de la cartographie moderne, confirmera en 1538 les noms d'Amérique du nord et Amérique du sud. Christophe Colomb sera donc dépassé par l'histoire, par sa propre histoire.
Matthioli Pièrandréa s'attaqua au vénérable de "Materia medica" de Dioscoride, traduit en latin en 50 av.JC, qui a été durant 16 siècles la référence absolue en matière de botanique. Ce n'est pas une mince affaire, il rédige des commentaires qui sont souvent 4 à 5 fois plus long que le texte original mais surtout il corrige et commente les nombreuses approximations.
De 600 plantes, il passe à 1400 avec des illustrations magnifiques. Il donne des synonymes en plusieurs langues européennes mais n'arrive pas à résoudre l'épineux problème de la classification.
Fuchs Léonhart, professeur de médecine allemand finit d'écrire "Historia stirpium" où sont dessinées avec une grande précision 400 plantes récoltées par lui dans les Alpes. Mais comment les classifier ? Il choisira la facilité en utilisant l'ordre alphabétique. Charles Plumier, botaniste, lui dédiera le Fuschia.

Avec la découverte du nouveau monde, davantage par Vespucci que par Colomb, et la redécouverte de l'Orient par Vasco de Gama et Cabral, on assiste en Europe à une invasion de milliers de végétaux inconnus.
Il va falloir répertorier, classifier, analyser toutes ces nouveautés. Malgré tout le sérieux apporté à ce travail, on ne sera pas à l'abri d'une erreur.
Luca Ghini (1490-1556) trouva la solution en séchant les plantes. On savait depuis toujours de façon empirique sécher les plantes. Ghini s'approprie le procédé en le systématisant.
Un échantillon sec comportant feuilles, fleurs et fruits présente de façon plus fiable que la meilleure gravure. Grâce à l'invention de l'herbier, les botanistes peuvent désormais partir aux 4 coins du monde en quête d'espèces nouvelles.
Les plantes séchées se conservent indéfiniment en milieux sec et à l'abri des insectes, mais surtout on peut pour les étudier, leur faire reprendre leur volume en les plaçant 5 minutes dans de l'eau portée à ébullition avant de les resécher à nouveau autant de fois qu'il est nécessaire.
Comment n'y avait-on pas pensé plus tôt ?
La méthode est facile aujourd'hui : après avoir récolté un échantillon, il faut le sécher dans du papier absorbant, le papier journal est le mieux, et ensuite le mettre sous presse dans un carton à dessins avec un poids par dessus. Il faut changer le papier absorbant plusieurs fois et lorsqu'il est sec, l'échantillon sera mis au congélateur ou au micro-ondes pour tuer toute larve d'insecte.
Ensuite on le fixe avec des bandelettes de papier collant ou par couture , en lui adjoignant une étiquette comportant le nom de l'échantillon, le lieu de récolte, un n° de référence et le nom du collecteur.
Alain Muset

3ème épisode : cliquez ici
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